OSAKA

OCTOBRE, 2017

l’Autre
jet d’instant
japon

Pays neuf et paysage de fatigue

Presque vingt heures entre la France et le Japon, et le poids de la fatigue cumulé à celui de nos sacs entre l’aéroport du Kansai et Osaka auront eu raison de nos corps. harassés, l’impression de crasse d’un trajet trop long nous tiraille autant que l’envie de s’écraser dans nos lits nouveaux. on sort de la gare et deux bruits s’invitent à notre première impression : nos yeux qui pétillent et, plus violemment, nos ventres qui se mettent à gargouiller. la fatigue continue de tirer sur nos yeux, mais elle n’est désormais plus seule et on sent au fur à mesure que nos pas découvrent le paysage des rues d’Osaka une douce satisfaction montée : nous arrivons.

Rue d’Osaka, découverte du Japon

Photographie de  L’Autre

le soir,
l’euphorie nous offre la force de sortir découvrir une première fois ce nouveau monde. l’air rêveur, les yeux pétillent et se heurtent, ou s’emmêlent plutôt, autour des lumières de restaurants vivants malgré l’heure tardive.

mon regard s’arrête un peu plus longtemps sur l’un d’eux et croise celui d’un client local qui sort d’un repas, apparement joyeux. il nous sourit et nous salue, puis tente dans un anglais encore plus approximatif que le notre d’engager la conversation. les mimiques nous aident même si se comprendre reste un exercice difficile ; « no fantastic » nous affirme t-il en pointant du doigt un restaurant que nous dépassons déjà. un bout de chemin plus tard, on se dit au revoir d’une poignée de main – des deux mains – l’une enveloppant l’autre. sans échanger de nom, un « see you soon » s’échappe naturellement de nos bouches conscientes que sans une fatigue harassante, c’est autour d’une bière que la soirée aurait sans doute continuée.

ces choses là se sentent sans mot.
Mais, comme le nôtre,
son regard brille et semblent bruler de fatigue. les poches sous ses yeux font plus que pointer le bout de leur nez et ne cessent de supplier pour un peu de repos.

Rue d’Osaka, découverte du Japon

faim, bulles de fumées et fin de soirée

un tour du quartier plus tard,
nos fesses se posent dans ce même restaurant – petit et amical – dans lequel se réjouissait notre récent ami inconnu.

quel est le nom de ce plat-omelette-galette* que nous avons dévorer ce soir là ? je ne m’en souviens plus et à vrai dire c’est au hasard que nous avons plongé dans un choix confus de lettres inconnues. 10 minutes de préparation, puis de nouveaux 10 pour engloutir le mets et nous voilà rassasiés. émus même, nos sens se perdent dans l’émotion de découverte.

une cigarette sort timidement de la poche de Clara lorsqu’elle s’aperçoit que, autour de nous, les locaux terminent leur repas en créant quelques bulles de fumées. l’impression de braver l’interdit s’en ira sans doute avec le temps, mais il prend un peu le corps pour le moment.

on termine la soirée en faisant l’amour, conscients cependant que celui ci se fait tout autant autour de ces moments sans corps, de rencontre et de vie en mouvement.

experiences et impressions retranscrites avec amour

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