ODILON

SEPTEMBRE, 2017

l’Autre
portrait
grenoble

Dents douces et pas dansants

La démarche décomplexée de Odilon nous rejoint devant le café Zimmermann, il s’assoie en face de nous accompagné d’un large et plaisant sourire. Plus tard, il profitera du passage d’un barman pour commander un diabolo menthe et le boire lentement à la paille, prenant alors le temps pour réfléchir et choisir, minutieusement, ses mots et ses propos.
Car même si l’aspect décomplexé de son corps reste omniprésente durant la soirée , c’est bien de ses mots dont il est question et Odilon, conscient de cela, reste soucieux d’apporter une parole au plus prés de sa pensée.

fier du chemin qu’il a parcouru depuis son enfance, il joue le jeu et s’intéresse – le mouvement de ses mots se fait petit à petit à l’exercice pour finalement terminer sur une aisance agréable et modeste, douce comme si il voulait que ses réponses soient correctes pour lui, mais aussi pour nous (alors qu’il est entendu qu’il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse).

Un rire de pleines dents termine la soirée et Odilon s’en va
d’un pas dansant qui le ramène chez lui dans la nuit déjà entamée.

Raconte nous

J’ai commencé le judo l’âge de 4 ans et j’ai intégré le pôle espoir de Grenoble puis le centre d’entraînement universitaire, en même temps que je restais licencié dans mon club d’origine. Ces structures d’entraînements me permettent de pratiquer le judo à haut niveau et de rencontrer de nouvelles personnes qui partagent la même passion. Le judo m’aide à mieux me connaître à travers le sport.

J’habite le quartier Saint Bruno à Grenoble. Je n’ai jamais vu le fait d’habiter dans un quartier comme quelque chose de négatif, ça ne signifie pas que nous sommes  des personnes avec un mauvais avenir. Au contraire, je trouve que chacun de mes amis et voisins a son projet en tête et si ils le suivent jusqu’au bout, je suis sur qu’ils ont tous la possibilité pour devenir grandiose.

J’ai commencé la danse dans ma chambre avec des potes et je vois vraiment ça comme un loisir. Lorsqu’on a commencé à danser devant d’autres personnes, comme lors de la fête de la musique, on a rapidement été encouragé et soutenu et on a alors décidé de mettre ça sur les réseaux sociaux. Ça plait et ça nous plait donc on continue, même si c’est pas forcément quelque chose qu’on prend au sérieux on aime faire ça et on le fait à fond. Tant qu’on s’amuse, on continuera.

Le regard de l’autre

Ça fait toujours plaisir de voir que ce qu’on fait plait aux gens. Il y a bien des commentaires négatifs de certaines personnes qui n’apprécient pas ce que l’on fait, peut être parce qu’ils ne s’identifient pas à nous, mais globalement on est bien reçu et encouragé. Ce sont ces personnes, qui nous suivent et nous encouragent, qui nous donnent la force pour continuer et aller encore plus loin.

Alors oui, le regard de l’autre est important mais c’est pas aussi simple ; je prends toutes les critiques et les accepte, mais je ne les écoutes pas forcément toutes.

l’Autre

L’autre pour moi c’est la personne qui est en face de moi. Elle n’est pas forcément comme moi mais je peux échanger avec elle, sur pleins de choses plus ou moins sérieuses. L’autre c’est la personne avec qui je peux avoir une discussion et qui reste ouverte à elle.

Que penses tu de

“Moi j’représente pour tous ceux qui prient un dieu d’amour
Celui qui fait qu’on s’aime dans les cages en bas des tours
J’représente pour tous ceux qui prient un dieu d’amour
Celui qui fait qu’on s’aime dans le monde et les alentours”
Dooz Kawa, Dieu d’amour

Je pense que tout le monde est différent dans le monde. On a chacun un parcours différent mais il faudrait qu’on soit tous reliés par quelque chose : ce dieu d’amour.
Si tout le monde prie pour ce dieu d’amour, c’est à dire tend vers lui et s’y engage,  alors peut être que l’on serait davantage heureux ensemble.

Rencontrer des personnes différentes, c’est toujours un plus dans la vie. Il faut voir ce que d’autres personnes peuvent penser, voir ce qu’ils ont à dire car cela peut nous apporter beaucoup de choses.

Dans la danse par exemple, quand on a deux styles qui se rencontrent ça nous permet de partager quelque chose ensemble même si on ne se connait pas vraiment. Pareil dans le judo, rencontrer des personnes d’autre club, d’autre pays, d’autre structure, c’est toujours un truc en plus. Pour moi c’est une énorme richesse la différence.

un conseil pour le monde

Je me dis que dans la vie rien n’est facile. Il y a toujours des obstacles, mais si on veut vraiment quelques choses il faut se donner les moyens, persévérer, et aller jusqu’au bout. Alors forcément il y aura quelque chose qui débouchera. Si je devais donner un conseil au monde, ce serait “tout est possible, mais il faut se donner les moyens”. Je pense qu’il faut vraiment croire en soi. Parfois, certaines personnes donnent leur avis par rapport à ce qu’on veut faire, on peut prendre ce qu’ils disent mais si l’on croit à quelque chose, il faut aller au bout et se faire confiance.

ODILON

experiences et impressions retranscrites avec amour

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