KYOTO

OCTOBRE, 2017

l’Autre
jet d’instant
japon

Artères d’une ville-art

L’ancienne capitale impériale du Japon fait de l’oeil à tout les amateurs de la culture traditionnelle nippone, et pour cause : cette ville paisible malgré ses 1,5 millions d’habitants repose sur une architecture et  une atmosphère délicate, allant jusqu’a nous offrir par moment le parfum coloré de l’ère Edo. entre les montagnes se dessine une rivière d’ou fourmillent une multitude de petites artères ; nos pas flâneurs les parcourent déjà en pensée.

par chance, nous trouvons une chambre pas loin du centre ville et de la station de Kurusama oike. le désir de plonger dans le coeur en vie de la ville croît et notre chance habituelle accouche d’une première surprise : non loin de là se trouve le marché Nishiki 錦市場, grand centre culinaire animé par une centaine de boutiques et restaurants.
haletant et bave en coin de bouche, on entre dans une première et étroite rue,

à la découverte de la « cuisine de Kyoto »

Marché de Nishiki, découverte du Japon

Photographie de  L’Autre

La foule est belle lorsqu’elle
s’étale de cette manière

l’immense couloir principal se concentre dans un mélange entre touristes et locaux,  parmi eux notre oeil, avide de nouveauté, ne sait ou donner de la tête : à droite et à gauche se trouvent de grands étalages de poissons, de légumes et de nourritures en tout genre.

trente minutes coulent doucement,
et
le couloir s’est transformé en sentier, l’espace a rétréci sous le mouvement d’une forme de masse qui regorge de corps, sans jamais gagner le débordement. au coeur de ce flux géré malgré l’excitation, les commerçants se distinguent et alternent entre service et préparation de leurs spécialités. leur agilité nous étonnes et ils paraissent imperturbables. on aperçoit même des tables se dressées à deux doigts d’une foule continuant sa conquérante avancée. un tabouret comme un cheveu sur la soupe suffit pour voir quelques locaux prendre le temps de savourer leur repas – souvent il s’agira de brochettes « yakitori », sans jamais être la même. c’est au sein de ces moments d’effervescence qu’on perçoit, modestement, le Japon comme un pays d’Asie, et sa faculté pour les gérer nous confirme le fait que sa culture reste cependant bien singulière.

” Sa culture reste cependant bien singulière “

une ou deux heures passent (le temps est étrange dans les moments intenses comme ceux là, difficile à cerner, vous voyez ce que je veux dire ?)
on parvient à s’extraire pour atterrir sur les rues d’un Kyoto en pleine vie.

Temple à Kyoto, découverte du Japon

Photographie de  L’Autre

image du passé pas dépassée

comme une évidence, pour dire ce qui a déjà été dit mille fois mais qui mérite cependant d’être soulever, la ville de Kyoto est belle car elle met en valeur un savoureux mélange entre modernité et tradition. le contraste entre la présence de gigantesques buildings et celle de bâtiments plus petits et visiblement traditionnels nous avait saisi à Osaka (à Tenno-ji plus précisément), mais je ne crois pas l’avoir senti aussi présent qu’ici.

les rues centrales ont tout d’une ville moderne et la station de Kyoto est impressionnante par son architecture et sa grandeur. il ne faut cependant pas plus de quelques pas pour, et ce même en hyper-centre, se retrouver nez à nez avec les portes en bois d’un restaurant au couloir aussi étroit que son propriétaire âgé, ou bien avec le portail d’un temple apaisant qui accueille les touristes de passage et les locaux venus se recueillir. le métro et l’urbanisme japonais ne semblent pas désirer dévorer le bois de son passé – cela est réjouissant ! entre diverses autres belles images : un Starbuck coffee offre une vue imprenable sur un temple qui s’invite à quelques mètres.

« pédale ! » nous soufflent nos narines

quelques jours plus tard,
nous emménageons dans une nouvelle chambre proche de la station Kuramaguchi. petite et vétuste, on y retrouve ce que l’on s’attend vis à vis de l’habitation traditionnelle japonaise : le strict nécessaire, c’est à dire quelques tatamis et un futon à dérouler, la douche en plus. loin d’être effrayer par les changements d’habitudes, on se ravit au contraire de profiter pleinement de la culture offerte par ces instants d’un quotidien que l’on ne connait que trop peu. nous profiterons surtout de deux vélos, moyen de locomotion omniprésent et ô combien pratique à Kyoto. nos deux jambes aiguisées par la marche d’Osaka nous aideront à ouvrir notre chemin sur le reste des routes et notamment sur la rivière Kamo, notre paysage d’une après midi :

on pédale au hasard le long de la rive, laissant l’instinct guidé le prochain kilomètre et nous amener à découvrir une partie excentrée du nord de la ville, jusqu’à l’entrée d’une foret. limite de Kyoto et en dehors de sa lumière, l’ombre de ces immenses pins rafraîchit l’air et nous permet de respirer à grande bouffée, trouvant ici un profond silence capable, se dit on dans un élan de spiritualité, de ressourcer nos corps émus par la route.

quelques minutes, peut être trente, et la nuit commence à tomber. on vit comme un cadeau l’ultime vue d’un Kyoto éclairé par les lumières de ces bâtiments, puis on  rebrousse chemin. dans le bruit et l’obscurité de la rivière, un son se distingue et accompagne l’effort du retour. nos ventres, encore eux, encouragent nos jambes à pousser plus fort, plus vite : l’odeur des nouilles qui provient des restaurants alentour obsède déjà nos narines.

experiences et impressions retranscrites avec amour

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